inesens

Animer les hommes et les entreprises


1 commentaire

La force tranquille de la prudence

strategy for goal of your business

La prudence, est sans doute la vertu cardinale la plus décriée aujourd’hui. Associée à la notion de précaution et souvent opposée à l’audace, elle est devenue synonyme d’inaction, de frilosité voire de lâcheté. La mère « prudence » n’a couramment rien de protectrice et ressemble davantage à une empêcheuse de tourner en rond. Il est rare que nous louions les qualités d’un dirigeant en disant de lui « c’est un homme prudent ».

Pourtant, la prudence, du latin procul videns (qui voit loin) et pro videns (qui anticipe), est et reste une vertu essentielle du dirigeant. Car qu’est-il sinon celui qui dit ou fait émerger l’avenir pour son entreprise ? Difficile d’y parvenir pour celui qui s’agite au gré des variations du marché ou des actionnaires.

Puisqu’il faut défendre la prudence, redonnons-lui ses lettres de noblesse ou rendons lui ce qui lui revient :

La prudence ne s’oppose pas à l’action mais la rend possible en préservant l’intérêt général. Elle conduit au discernement, guide d’une décision juste. Pour ce faire, elle doit se fonder sur ce qui est bon pour l’être humain (et pas seulement pour moi).

Ainsi agir avec prudence nécessite d’approfondir des questions essentielles telles que :

  • Comment ma décision engage l’avenir de l’entreprise/des hommes ?
  • Est-ce que mon intérêt immédiat, s’il est privilégié, va produire des effets bénéfiques (ou pas) dans le long terme ?
  • Est-ce que mon analyse de la situation est suffisamment solide pour justifier la décision que je vais prendre ?

Ensuite, la prudence est acceptation du réel : je dois confronter ma vision à la réalité du marché, de ma situation, des atouts et faiblesses de mon entreprise pour y parvenir. Cela ne signifie pas que je prenne zéro risque, mais que je le mesure et le contrôle autant que possible. Une attitude qui déplait sans doute dans un monde où la volonté et le pouvoir fascinent. Lire la suite