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Prenons aujourd’hui notre courage à deux mains

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Risk UncertaintyL’UPE 13 a choisi cette année le thème du courage pour le forum des entrepreneurs, le rendez-vous incontournable de la rentrée des dirigeants de la région marseillaise. L’occasion de faire le point sur cette qualité que l’on reconnaît volontiers aux entrepreneurs et d’en partager notre conception avec vous.

Le mot courage vient de Cœur : c’est le désir d’agir ou de réagir.

Souvent on associe le courage à la peur et au combat, à des situations grandioses. On s’extasie devant celui du guerrier. Pourtant, du courage il nous en faut tous les jours, dans les petites choses du quotidien.

Qu’est-ce qui définit le manager ou le dirigeant courageux ? Celui qui se dresse contre les barrières de la réglementation et se bat contre la concurrence ? Qui défend ses équipes et son entreprise ? C’est sans doute une vision qui a prévalu jusqu’ici dans un monde encore (trop) marqué par la dualité. C’est aussi un modèle épuisant qui a vécu et ne satisfait pas plus les leaders que l’entreprise et les femmes et hommes qui y travaillent.

Le courage a changé de visage. L’ère de la complexité a fait voler en éclat notre image d’Epinal du patron combattant, craint et admiré. Désormais, il lui faut du courage pour dire « je ne sais pas », annoncer des mauvaises nouvelles, demander de l’aide, partager le pouvoir … une posture qui se nourrit d’autres vertus que l’audace et l’inconscience du danger, qui n’exclut pas la bienveillance et l’empathie, bien au contraire.

Le savoir-faire du combattant laisse place au savoir-être du rassembleur. En effet, la priorité n’est plus tant de guider que de se rassembler pour faire face à la complexité.

Le courage se conjugue alors avec la vulnérabilité : la capacité à accepter l’incertitude et pourtant continuer d’avancer, celle de dire les choses telles qu’elles sont ou du moins telles qu’on les pense sans faux semblants, celle d’être responsable de ses paroles et de ses actes. Ce faisant, le leader accèdera aussi à de nouvelles ressources, et, notamment, l’intelligence collective qui va pouvoir se mobiliser pour faire face à la complexité (et se montrer bien plus efficace que l’action d’un seul aussi savant soit-il), le droit de ne pas tout savoir ni maitriser.

Exit l’illusion du pouvoir d’un manager solitaire détenteur de La Vision, bienvenu dans la réalité d’un pouvoir partagé où il faut « orchestrer » le changement au rythme de l’environnement et des équipes. Une réalité moins éclatante mais tellement plus sereine …

Comment y arriver ?

Le premier pas vers ce courage est d’accepter et nommer la réalité : celle du monde mais aussi la nôtre. Qui suis-je pour diriger cette équipe ? Sur quelles valeurs repose mon action ? Quelles sont mes compétences pour y arriver ? etc … Car le premier courage c’est celui d’être soi … et de faire avec. Ni héros ni zéro, simplement soi-même. Un exercice qui n’est pas si facile dans une société où l’on se fond facilement dans des modèles, où nous sommes formés et formatés pour devenir un autre, plus beau, plus mince, plus performant … Pour y parvenir, il faut prendre le temps de se poser, se confronter aussi au regard de l’autre, questionner nos pratiques et nos enseignements, apprendre encore et rester ouvert.

Heureusement, nous apprenons aussi de nous dans l’action. Nul besoin de tout savoir avant de se lancer dans l’aventure. Le courage vient aussi en marchant.

© freshidea – Fotolia.com
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Une réflexion sur “Prenons aujourd’hui notre courage à deux mains

  1. Votre approche du courage est intéressante. Pourtant, l’incertitude fait partie du quotidien des affaires depuis la nuit des temps. Rappelez-vous l’armateur de Marseille pour lequel Edmond Dantès naviguait. Sa fortune se jouait à chaque fois sur un bateau qui arrivait…ou pas. Peut-être effectivement y-a-t-il eu une époque récente où l’on a privilégié l’exercice solitaire du pouvoir. Il a le défaut d’être fragile et donc hautement périssable, par nature. Mais aussi, les institutions les plus pérennes n’ont jamais été celles où le pouvoir était concentré entre les mains d’un seul. Où alors au prix de soubresauts terribles.
    Tout en m’éloignant de vous sur le caractère novateur de l’intelligence collective et de la collégialité, je reste totalement d’accord sur la nécessité d’oeuvrer ainsi et donc les vulnérabilités de l’exercice solitaire du pouvoir.

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